La stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, modèle et source d’inspiration pour l’Occident tout entier
- Henry de Lesquen

- il y a 25 minutes
- 6 min de lecture
La « stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique » signée par le président Donald Trump et publiée en novembre 2025 est un exercice classique que le gouvernement américain accomplit tous les quatre ans. Celui-ci marque une franche rupture avec la doxa qui prévalait depuis l’effondrement de l’URSS en 1991. Il est dans la lignée du discours du vice-président J.D. Vance à Munich le 14 février 2025 et de celui du président Donald Trump à l’ONU le 23 septembre 2025, tout en allant plus loin et en étant plus académique dans la forme. Auparavant, la doctrine stratégique n’avait guère bougé depuis la fin de la guerre froide que Gorbatchev nous avait offerte sur un plateau d’argent en 1991 contre la promesse que l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’est. Promesse malheureusement non tenue. Il est excellent que la nouvelle doctrine précise que l’alliance n’a plus vocation à s’étendre indéfiniment, ce qui est sans doute une allusion à l’Ukraine. Il est bien dommage que cette position nouvelle du gouvernement américain ne soit pas arrivée plus tôt, car elle nous aurait évité l’adhésion des pays baltes. Or, celle-ci est désormais une épée de Damoclès sur la tête des Français puisque des dirigeants incompétents et irresponsables nous exhortent à envoyer nos enfants mourir pour « la défense de l’Europe ». En clair, si ce n’est pas en Ukraine, ce serait en Estonie, en Lettonie ou en Lithuanie. Ces pays ont beau être fort sympathiques et appartenir à l’Occident comme la France, nous n’aurions aucune raison et aucun intérêt à envoyer nos troupes, le cas échéant, se battre contre la Russie, qui est la première puissance nucléaire du monde, étant donné le risque d’escalade que cela représenterait.
Il serait quand même abusif de croire que les États-Unis ont cessé d’être impérialistes depuis le second avènement de Donald Trump le 20 janvier 2025. Disons que l’impérialisme américain est maintenant bien tempéré. Trump n’est évidemment pas « isolationniste », terme franglais de propagande mondialiste qui signifie « neutraliste », il n’est pas non plus tout à fait non-interventionniste, mais il veut limiter les interventions, notamment militaires, des Américains au strict minimum. Il jette aux orties la théorie de la « construction des nations » promue par les néo-conservateurs. Ceux-ci, qui avaient en général commencé par être trotskystes et qui étaient presque tous juifs, voulaient que les États-Unis imposassent par les armes le modèle démocratique américain dans tous les pays du monde, autant que possible. On a vu le résultat calamiteux de cette politique en Irak. De méchantes langues ont soutenu que les néo-conservateurs avaient ici surtout en vue les intérêts de l’État juif dont le président irakien, Saddam Hussein, était un ennemi juré. Mais l’application en Irak du principe « un homme, une voix » a donné le pouvoir aux chiites, qui étaient largement majoritaires, ce qui fut un cadeau inespéré pour l’Iran. Les néo-conservateurs auraient pu répéter le mot de Churchill après la seconde guerre mondiale : « Nous avons tué le mauvais cochon. »
Le document dit expressément que les États-Unis respectent les traditions et le système politique de chaque pays, sans chercher à lui imposer le leur. Il dit aussi, et c’est encore plus important, qu’il faut respecter la souveraineté des nations. On pourrait donc croire que les États-Unis admettent maintenant l’excellent principe de non-ingérence qui fut naguère celui de la politique étrangère française avant d’être malheureusement abandonné, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Le document fait une exception pour les pays d’Europe occidentale, qu’ils ne nomment d’ailleurs pas, sauf la Grande-Bretagne et l’Irlande, en soulignant la communauté de civilisation, ces pays appartenant à l’Occident comme les États-Unis, et il déclare ouvertement qu’il faut y soutenir les « partis patriotiques », autrement dit ceux que les media et l’oligarchie classent à l’extrême droite.
On peut avoir à cet égard des sentiments partagés, car normalement nous ne devrions pas tolérer que la main de l’étranger, quel qu’il soit, pesât sur notre politique nationale. Foin cependant, ici, de ces scrupules ! La France, comme la plupart des pays de l’Union européenne, est dirigée par une oligarchie cosmopolite qui est en réalité un « parti de l’étranger », au moins en ce sens qu’il ne fait pas passer les intérêts de la France et des Français avant tout. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas refuser l’aide et l’intervention de nos amis américains pour aider au redressement de la France.
La stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique dresse à juste titre un tableau apocalyptique des nations européennes, dont la France, qui sont en pleine décadence et menacées de disparaître. On ressasse le mot de Paul Valéry : « Nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles. » C’est encore plus vrai des nations et l’enjeu fondamental est bien là ! Pour que vive la France, il est impératif qu’elle retrouve sa grandeur. Le mot d’ordre de Donald Trump : « Rendez sa grandeur à l’Amérique (MAGA: make America great again!) » est exportable. Rendez sa grandeur à la France !
Le document souligne que les pays européens représentaient 25% du PIB mondial en 1990 et que ce n’est plus que 14% aujourd’hui. Mais il y a pire : « Ce déclin économique n’est rien au regard de la perspective bien réelle et encore plus sombre d’un effacement civilisationnel. Les sujets les plus graves auxquels l’Europe doit faire face sont : les entreprises de l’Union européenne et d’autres entités transnationales qui sapent la liberté politique et la souveraineté, les politiques migratoires qui sont en voie de transformer le continent et sont la source de conflits, la censure de la liberté d’expression et la disqualification de l’opposition politique, l’effondrement des taux de natalité, la perte des identités nationales et de l’estime de soi » (page 25).
Ainsi, les États-Unis nous montrent la voie du renouveau, qui implique, en France comme aux États-Unis, de rompre avec les politiques désastreuses qui ont été mises en œuvre depuis la révolution cosmopolite de 1968, sous sept présidents de la république, depuis Pompidou qui a aboli la liberté d’opinion en promulguant la loi Pleven, jusqu’à Macron, qui veut abolir la souveraineté nationale au profit d’une aberrante « souveraineté européenne », autrement dit de la tyrannie des gnomes de Bruxelles. Le document américain est centré sur la politique étrangère, mais il aborde aussi des sujets de politique intérieure, en évoquant notamment l’éradication des mesures de DEI (« diversity, equity, inclusion », diversité équité, inclusion) imposées par la gauche et qui instituaient une discrimination illégitime au détriment des plus talentueux et des plus méritants. Le document manifeste la volonté de refaire des États-Unis une « méritocratie », en sorte que seule soit prise en compte la valeur des individus. Il appelle à la réindustrialisation des États-Unis, tout comme nous devrions faire de la réindustrialisation de la France une ardente obligation. Il rejette à bon droit le libre-échange. On sait depuis Frédéric List que les avantages de celui-ci ne paraissent décisifs que si l’on se limite à la théorie des valeurs échangeables en méconnaissant la théorie des forces productives. Un certain protectionnisme est donc utile, légitime et nécessaire, du moins s’il reste modéré. Le document dénonce l’arnaque du GIEC, la fable de l’homme qui réchauffe la planète : « Nous rejetons les idéologies désastreuses du “changement climatique” et du “zéro émission nette” qui ont tant nui à l’Europe, menacent les États-Unis et subventionnent nos adversaires » (page 14).
L’immigration est l’un des sujets principaux traités dans le document de la stratégie de sécurité nationale. Il ne relève pas seulement de la politique intérieure. On y rappelle cette évidence trop souvent oubliée qu’une nation souveraine est libre de décider qui peut entrer, séjourner et s’installer sur son territoire.
En résumé, la politique que préconisent le président Donald Trump et son gouvernement à travers ce document est parfaitement nationale-libérale. Elle nous donne un modèle et elle est pour nous une source d’inspiration. Soyons résolument nationalistes, sans le moindre complexe, puisque cette idéologie salutaire ne fait qu’exprimer le sentiment patriotique qui lie le citoyen à la nation. Soyons libéraux, sans tomber dans l’extrémisme du libre-échangisme, en consacrant le droit de propriété et la liberté d’entreprise, sans oublier la liberté d’opinion, qui devrait être absolue. Rejetons les thèses délétères du lyssenkisme écologique et climatique qui nous conduisent au désastre économique, par exemple en asphyxiant notre industrie automobile. Prenant exemple sur l’Amérique de Donald Trump, RENDONS SA GRANDEUR À LA FRANCE !









Commentaires