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Crime législatif : Gabriel Attal ou la mort sur ordonnance

  • Photo du rédacteur: Henry de Lesquen
    Henry de Lesquen
  • il y a 11 heures
  • 6 min de lecture

« L’ordonnance prescrivant la substance létale est envoyée par le prescripteur à une pharmacie à usage intérieur spécialement autorisée. »

Projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et à la fin de vie signé le 10 avril 2024 par M. Gabriel Attal, premier ministre



1. Qualification de « loi criminelle »

C’est à la loi qu’il revient normalement de définir et de punir les crimes et les délits. Mais la loi elle-même peut être criminelle si elle vise à autoriser des actes qui, avant elle, étaient considérés comme des crimes et des délits, et qui le demeurent moralement, nonobstant cette loi, au regard des principes de notre civilisation occidentale, qui est d’essence chrétienne. L’interdiction de tuer un être humain innocent, fût-il demandeur de sa propre mort, n’avait jamais été contestée en France avant une date récente. La loi « relative au droit à l’aide à mourir » qui a été adoptée par l’assemblée nationale le 25 février 2026 et qui est issue d’une proposition de loi du député Oliver Falorni « relative à la fin de vie », reprend dans son principe le projet de loi signé par Gabriel Attal, alors premier ministre, le 10 avril 2024 et que la dissolution de l’assemblée nationale par le président Macron le 9 juin 2024 avait mis provisoirement au rancart. Il sera donc abusif de parler de la « loi Falorni ». C’est en fait une « loi Attal ». Incroyable mais vrai, la loi adoptée par l’assemblée nationale a ajouté au projet initial d’Attal un délit de dissuasion : celui qui tentera de convaincre un candidat à « l’aide à mourir » de changer d’avis sera passible de deux ans de prison ! Celui qui, à l’inverse, poussera quelqu’un à la mort sur ordonnance ne sera passible que d’un an de prison… C’est à ce genre de détail que l’on mesure la perversité criminelle des auteurs de la loi.

« Tu ne tueras point », ce commandement du Décalogue, qui serait mieux traduit de l’hébreu ou du grec par : « Tu ne commettras point de meurtre », est ici bafoué. Certes, en principe, on nous explique que celui qui demande « l’aide à mourir » pourra se tuer lui-même. Il est probable au contraire que dans la plupart des cas c’est un médecin ou un infirmier qui le tuera en le piquant comme on le fait pour les chiens. Le jargon de la loi est ici pourri d’hypocrisie. La mise à mort devient une « aide à mourir » ou encore « la mise en œuvre de l’aide à mourir » et elle est qualifiée de « procédure », qui donnera lieu à enregistrement dans un espace numérique « dédié » (sic, le franglais est dans le texte). Le poison administré à la malheureuse victime est appelé « substance létale » ou, mieux, « préparation magistrale létale ». Le langage de la vérité, les mots « tuer », « euthanasie », « suicide », sont soigneusement évités.

La loi Attal est donc une loi de mort. Une loi criminelle. Certaines bonnes âmes invoquent une « rupture civilisationnelle ». Elles n’ont pas tort, sauf que la rupture en question a déjà eu lieu il y a plus de cinquante ans, avec la loi du 17 janvier 1975, portée par l’horrible Simone Veil, qui a légalisé l’avortement, c’est-à-dire, en bon français, la mise à mort d’un enfant dans le ventre de sa mère. Ce fut le début de la choah des enfants français, à raison de plus de 200.000 assassinés chaque année. N’oublions jamais que l’enfant est constitué dès la conception : il a son identité génomique, et, pour un chrétien, il a son âme, bien avant qu’il ne puisse commencer à penser. La loi Veil fut la loi criminelle par excellence.

Il n’empêche que la loi Attal est atroce. Bien loin d’être un progrès civilisationnel, elle nous ramène au niveau des sociétés primitives, où l’on se débarrasse des vieillards, qui sont une charge inutile pour le petit groupe de chasseurs-cueilleurs. On dit que les Papous continuent à secouer le cocotier pour vérifier que le vieux père est encore assez valide pour s’accrocher aux branches… Il est vrai que les plus âgé d’entre nous ne travaillent plus, ne produisent plus, et qu’ils sont entretenus par leur famille ou par la société. Mais la « dignité » dont les pharisiens qui ont fait cette loi se gargarisent demande qu’on les protège contre la maladie et non qu’on les liquide au lieu de les soigner.


2. Timidité des critiques de la loi

La loi Attal a suscité évidemment moult critiques, comme la loi Veil en son temps, mais, comme pour celle-ci, elles passent presque toujours à côté de l’essentiel, qui est le combat politique. Nous avons souvent entendu de valeureux adversaires de l’avortement expliquer qu’il fallait « revenir à l’esprit de la loi Veil ». Cela vaut son pesant de bêtise ! La loi Veil a autorisé l’infanticide prénatal, voilà quel était son véritable esprit… Ou encore, les mêmes, présenter les femmes qui avortent comme des victimes qu’il faut plaindre, alors que les victimes, ce sont les enfants que l’on tue et qu’elles sont les premières responsables d’avoir décidé la mort de leur propre enfant. Pour la loi Attal, on gémit sur la disparition des « garde-fous » que les amendements adoptés par l’assemblée nationale auraient fait sauter. Mais les fous dont il fallait se garder, c’étaient les fauteurs de mort qui ont concocté celle loi infâme.

Ou alors, on entre dans les raisonnements utilitaires invoqués par les euthanasistes. Il faut donner la mort pour éviter la souffrance. Rappelons que, pour un chrétien, la souffrance peut être une oblation et qu’elle n’atteindra jamais celle que le Christ a souffert sur la Croix pour le salut des hommes. Il est vrai que l’argument n’a guère de valeur dans une société déchristianisée, que la souffrance ne peut être imposée et que seuls des êtres d’exception l’acceptent par esprit de sacrifice. Mais il est faux que la mise à mort soit la seule solution pour s’épargner la souffrance. Si la morphine ne suffit pas, il existe toute une gamme de soins palliatifs parfaitement efficaces. La souffrance n’est pas une fatalité. En outre, l’acharnement thérapeutique qui a pu exister autrefois, malheureusement, n’est plus de saison. Rappelons que le pape Pie XII l’avait expressément écarté. Les soins palliatifs, qui figuraient initialement dans la même loi que l’euthanasie ou le suicide assisté, ont fait l’objet d’une loi séparée qui a été adoptée à l’unanimité. Tant mieux. Mais cette loi-ci condamne cette loi-là. Puisque la souffrance n’est pas une fatalité, à quel titre peut-on proposer la mort au malade ?

On nous dit aussi que la mise à mort répondra toujours à la volonté du malade qui souffre ou du candidat au suicide qui désespère. Mais toute notre tradition et tous nos principes les plus sacrés s’opposent à ce que nous acceptions d’accéder à la volonté de celui qui veut mourir avant l’heure. On ne peut qu’avoir la plus grande compassion pour les individus qui sont si désespérés qu’ils veulent se tuer, mais notre devoir moral est de les en dissuader, de les aider à sortir de l’ornière, et, si ce sont des malades en phase terminale, de leur donner le traitement qui efface la douleur.

Nous lisons des messages émouvants de bonnes personnes qui appellent à la prière contre la loi de mort, mais il s’agit d’un combat politique où la prière ne suffit pas. Les croisés intrépides qui ont délivré Jérusalem priaient avant la bataille, mais ensuite ils combattaient. Le critère de la politique, c’est la désignation de l’ennemi, ont enseigné Carl Schmit et Julien Freund. On est effaré et scandalisé du quasi-silence des évêques de France, qui ne se sont guère mobilisés pour dénoncer l’horreur de la loi Attal. Ils ne l’emporteront pas au paradis ! C’est pourtant clair : si l’on veut vraiment s’opposer à la loi de mort, à l’euthanasie et au suicide assisté, il faut dénoncer Gabriel Attal et Olivier Falorni comme des ennemis du genre humain, dresser la liste des députés qui ont voté la loi infâme et appeler les Français à ne plus voter pour eux.


3. Restaurer les principes de la civilisation

Il est évident que la contre-révolution anticosmopolite engagée aux États-Unis d’Amérique par le président Donald Trump depuis son investiture le 20 janvier 2025 n’a pas encore traversé l’océan Atlantique. Mais il faut avoir foi dans l’avenir. Tout permet de penser que les pays d’Europe occidentale, dont la France, qui sont aujourd’hui en pleine décadence, vont se redresser après avoir touché le fond. Il faut d’ores et déjà planter les graines des moissons futures. Voici donc un principe qu’il faudra inscrire dans la constitution française :

« La loi protège la vie humaine innocente, dans son intégrité physique, de la conception à la mort naturelle. »

L’avortement et l’euthanasie seront ainsi bannis.

Mais les auteurs d’une loi criminelle ne sont-ils pas des criminels ? Il faudra donc définir le « crime législatif » en ajoutant aussi ceci à la constitution :

« Est un crime législatif le fait de proposer, de voter ou ne pas censurer une loi qui autorise des actes qualifiés avant celle-ci de crimes ou de délits et qui a été ultérieurement définie comme criminelle par une loi organique, même si la loi criminelle n'a pas été adoptée. »

Simone Veil n’est plus justifiable que de la justice divine, mais un tribunal de Paris, qui aura davantage de légitimité que le tribunal de Nuremberg, pourra juger Gabriel Attal et Olivier Falorni, sans compter tous ceux qui ont collaboré à leur œuvre de mort.


Henry de Lesquen

 
 
 

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