La guerre faite à la nation iranienne par l’État juif et l’État yanqui, agression criminelle
- Henry de Lesquen

- il y a 1 jour
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1. Guerre d’agression
Les commentateurs attitrés des media dominants ne cessent habituellement de se gargariser du droit international. Bizarrement, ils ont été plus que discrets sur le sujet depuis le 28 février 2026, date à laquelle l’État juif et l’État yanqui, conjugués dans la malfaisance, ont assassiné l’ayatollah Ali Khamenei, en tuant de surcroît sous leurs bombes sa fille, son gendre et sa petite-fille. Il y avait pourtant toutes les raisons de s’indigner pour les thuriféraires du droit international qui, d’habitude, n’ont que cette expression à la bouche. Bien entendu, il n’y a pas eu de déclaration de guerre. Cette pratique ancestrale qui visait à civiliser les conflits n’est plus d’actualité pour ceux qui se croient tout permis. L’assassinat, pour entamer les opérations, du dirigeant du pays qu’on attaque est, quant à lui, une procédure inédite. Les deux agresseurs se sont passés d’une autorisation du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies, qui eût été normalement requise. Ils se sont même passés de l’autorisation de leurs parlements respectifs. Le sympathique Benjamin Nétanyahou, criminel de l’humanité doublé d’un criminel de guerre pour la cour pénale internationale au vu du populicide qu’il a perpétré à Gaza sur les malheureux Palestiniens, hommes, femmes et enfant confondus dans le même massacre, a pu sans encombre obtenir la bénédiction de ses députés. Donald Trump, président des États-Unis, n’a pas pris la peine de consulter le Congress.
Mais laissons là le droit international, dont, pour notre part, nous nous soucions fort peu. Nous voudrions que l’on ajoutât à la constitution française : « Le droit international se limite pour la France aux dispositions contenues dans les traités qu'elle a conclus. » Et encore : « La loi l'emporte sur tout traité conclu antérieurement. Tout traité peut être dénoncé sans délai par simple notification aux autres parties, nonobstant toute disposition contraire y figurant. Les traités n’ont de force juridique que pour les dispositions qui créent pour la France des obligations envers une autre partie ou des droits sur celle-ci. » Pour autant, avec ou sans le droit international, aucun esprit responsable ne peut souhaiter que les relations internationales sombrent dans l’anarchie et que l’on ne cherche pas à mettre des bornes à la loi du plus fort. Par conséquent, il faut s’en tenir à un principe essentiel à cet égard : la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain. Quel que soit le jugement que l’on porte sur la république islamique d’Iran, sujet sur lequel nous reviendrons ci-dessous, ni les Américains ni les Israéliens n’étaient en droit de vouloir le renverser par la force grâce à une action extérieure à la nation iranienne.
Le principe de non-ingérence condamne aussi les multiples opérations de subversion et de déstabilisation conduites par la CIA, acoquinée en général avec la Fondation Open Society (Société Ouverte) de George Soros et dénommées le plus souvent « révolutions de couleur » (orange, blanche, verte…). Il y en a eu des dizaines. Elles sont facilitées aujourd’hui par l’usage intensif des réseaux sociaux sur Internet grâce auxquels on peut manipuler les foules au service d’une cause présentée comme noble. Cependant, si l’on en croit Pierre-Antoine Plaquevent, la première d’entre elles est plus ancienne qu’Internet : ce fut la révolution cosmopolite de 1968 en France, organisée en sous-main par la CIA, qui voulait punir de Gaulle de son obstination à refuser l’assujettissement de la France à l’Amérique, et par le Mossad, qui voulait se venger de sa phrase immortelles sur le « peuple fier, sûr de lui et dominateur »…
Le plus dramatique de ces épisodes a été le coup d’État de Maïdan en 2014, qui a coûté 5 milliards de dollars à la CIA et qui lui a permis de chasser un président ukrainien régulièrement élu, mais trop proche de la Russie. C’est là l’origine de la guerre actuelle, engagée tardivement par la Russie le 24 février 2022 pour faire respecter les droits des citoyens ukrainiens persécutés parce qu’ils parlaient russe. Il y a eu plusieurs tentatives en Iran, à commence par la dénommée « révolution verte », jusqu’à celle, toute récente, de janvier 2026. C’est justement l’échec de cette dernière et la résistance du régime qui ont poussé les États-Unis et Israël à attaquer l’Iran.
On se souvient des mensonges de la propagande yanquie pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, de Colin Powell, ministre des affaires étrangères des États-Unis, brandissant une sorte de pot de moutarde à la tribune des Nations-Unies pour affirmer que l’abominable Saddam Hussein disposait d’armes de de destruction massive… En 2026, autre mensonge, le président Trump a affirmé avec aplomb que l’Iran était une menace pour l’Amérique et qu’il préparait une attaque. Il a été démenti par le chef du service anti-terroriste qu’il avait lui-même nommé en 2025 et qui a démissionné avec fracas en déclarant dans une lettre ouverte qu’il n’y avait pas la moindre menace terroriste de la part de l’Iran, au moins jusqu’à présent.
2. Risque nucléaire
Les Américains ont accusé mensongèrement l’Iran d’être un État terroriste. Il est vrai que du temps de l’ayatollah Khomeini, fondateur de la république islamique d’Iran en 1979 et qui est mort en 1989, l’Iran a été très vraisemblablement l’instigateur de plusieurs attentats. Et on se souvient de la prise d’otages du personnel de l’ambassade américaine en 1979. Donc, à l’époque, une action de représailles aurait pu se justifier. Mais ces mauvais procédés ont été abandonnés par l’ayatollah Ali Khamenei, successeur de Khomeini et qui a régné sur l’Iran pendant trente-sept ans, jusqu’à son assassinat. Il y avait donc prescription en 2026.
Il est vrai aussi que l’Iran soutient le Hezbollah au Liban, ainsi que plusieurs milices chiites en Irak, et que le premier a été qualifié de « terroriste » par les Américains parce qu’il soutenait la résistance palestinienne à l’État juif. Il faut bien admettre que l’on parle de « terroriste » pour un résistant dont on condamne l’action et de « résistant » pour un terroriste dont on approuve le combat. La différence n’est pas objective, mais subjective. S’agissant d’Israël, il faut rappeler une vérité aussi élémentaire qu’incontestable : la Palestine était la patrie des Palestiniens ; les Juifs ont dépossédé les Palestiniens de leur patrie grâce à un effroyable nettoyage ethnique. Pour nous Français, qui ne sommes pas impliqués dans cette affaire, il va de soi que nous devons admettre le fait accompli, soixante-dix-huit après l’indépendance de l’État d’Israël en 1948. Mais on peut comprendre que les Palestiniens ne soient pas de cet avis et qu’ils persistent à vouloir renvoyer les Juifs dans leurs shtetls d’Europe orientale… Et, puisque les Palestiniens sont musulmans dans leur très grande majorité, et que Jérusalem est la troisième ville sainte de l’islam, que les musulmans du monde entier, du Liban, de l’Iran et d’ailleurs conservent le désir de dissoudre ce qu’ils dénomment « l’entité sioniste ». Il appartient aux pays qui ne sont pas musulmans, comme la France, d’agir pour la paix afin que des accommodements soient trouvés, que les Palestiniens se résignent au lieu de poursuivre le projet utopique de l’anéantissement d’Israël, mais aussi que ce dernier et ses dirigeants extrémistes se départissent de cet hybris dangereux pour leur peuple. Quoi qu’il en soit, le simple fait que l’Iran ne reconnût pas Israël ne justifiait en rien la guerre en cours. C’est au demeurant le cas de la majorité des États arabes ou musulmans.
Le bombardement d’un site nucléaire en Iran par les États-Unis à la fin de la « guerre de douze jours » en juin 2025 peut se comprendre, sinon se justifier. Quand on songe à l’horreur du crime de masse commis par les Américains en 1945 lorsqu’ils ont largué une bombe atomique sur Hirochima, puis sur Nagasaki, quand on sait que les bombes H dont on dispose aujourd’hui sont cent fois plus puissantes que la bombe A utilisée à l’époque, on se dit qu’il faut tout faire pour éviter la prolifération et les risques qu’elle comporterait. L’Iran a signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires du temps du chah et ne l’a jamais dénoncé, en se soumettant à des inspections de l’agence internationale de l’énergie atomique. On pouvait, bien sûr, avoir des soupçons, puisque l’Iran avait enrichi de l’uranium au-delà de ce qui était nécessaire pour l’usage civil des centrales productrices d’électricité. Mais un accord avait été conclu et le président Donald Trump s’en était retiré au cours de son premier mandat, et de nouvelles négociations étaient en cours à Mascate et à Genève. Ce n’est pas un mauvais procédé d’attaquer un pays avec lequel on négocie, ou avec lequel on feint de négocier, sans attendre la fin des négociations, c’est un crime et une honte.
Au demeurant, puisque l’État juif, qui n’a pas signé le traité de non-prolifération, s’est doté de l’arme nucléaire (avec l’aide de la France sous la quatrième république), on voit mal pourquoi l’Iran n’aurait pas le droit de l’avoir lui aussi. On nous soutient que cela pousserait les États de la péninsule arabique à faire de même, mais la menace israélienne n’a pas eu ce résultat et on ne voit donc pas pourquoi il en irait autrement avec l’Iran.
Ainsi, ni les États-Unis ni Israël n’avaient de justification réelle pour attaquer l’Iran. Ils l'ont fait pour renverser le régime, objectif inaccessible dans les faits. Ce n’était pas seulement une erreur, c’était une faute.
3. Légitimité de la république islamique d’Iran
En France, les media dominants sont désespérants d’uniformité et de partialité. Ils ne donnent la parole qu’à des Iraniens exilés hostiles au régime, jamais à ses partisans. On dénonce la théocratie iranienne, qui serait « totalitaire », et que le peuple rejetterait.
Théocratique ? C’est l’islam tout entier, sunnite, chiite ou kharedjite, qui est théocratique. Le Coran, parole de Dieu, tient lieu à la fois d’Évangile, de code civil et de code pénal. Complétée par les hadiths, dits du Prophète Mahomet, la charia, loi islamique en découle. Par exemple, l’obligation pour les femmes de porter le voile est formellement prescrite par le Coran. Le tchador des femmes iraniennes, que certaines remplacent par un simple foulard, de marque Hermès pour les plus riches, est bien moins contraignant que le niqab de l’Arabie séoudite, qui ne laisse voir que les yeux, ou la burqah des talibans d’Afghanistan, qui ne laisse rien voir du tout, puisqu’une simple œillade peut être fatale… Ce n’est certes pas un motif pour faire la guerre à l’Iran, pas plus qu’à l’Arabie séoudite. Quant à l’Afghanistan, la guerre a bien été faite et perdue, mais ce n’était pas pour la burqah, c’était pour punir les talibans de leur complicité avec Al Qaïda après le 11 septembre.
Au demeurant, la France est mal venue pour dénoncer la théocratie, car elle a abandonné en réalité la démocratie au nom d’un « État de droit » qui est une nomocratie, c’est-à-dire une théocratie sans Dieu. Les juges français sont les équivalents des mollahs iraniens, puisqu’ils imposent à la société des règles qu’ils jugent sacrées, ou plutôt, ils sont pires puisque lesdites règles ne relèvent pas d’une révélation, mais d’un système idéologique, en l’occurrence celui de la gauche cosmopolite.
La grande majorité des Iraniens sont chiites, et plus précisément chiites duodécimains, comme leurs coreligionnaires d’Irak et du Liban. Comme tous les chiites, par définition, ils croient qu’Ali, gendre du prophète, fut le seul « calife » (lieutenant du Prophète) légitime après la mort de Mahomet, et que ses descendants en ont hérité, étant tout à la fois califes et imams suprêmes, hommes impeccables et infaillibles, qui donnent l’interprétation correcte de la parole d’Allah contenue dans le Coran. Or, dans la doctrine musulmane, tout autant pour les chiites que pour les sunnites, l’Oummah, qui a pour vocation de s’étendre à la terre entière, est placée sous l’autorité monarchique du calife (il y a des exceptions, puisque les chiites zaïdites admettent une pluralité d’imams-califes, mais peu importe ici). Tout autre régime est en principe illégitime et ne peut être accepté, comme un moindre mal, que si, justement, il est théocratique, applique rigoureusement la charia. Mais les chiites duodécimains croient, comme leur nom l’indique, qu’il n’y a eu que douze imams suprêmes. Le dernier, qui s’appelle Mohamed, comme le Prophète, n’est pas mort, il a été occulté au IXe siècle de l’ère chrétienne et il ne réapparaîtra qu’à la fin des temps pour anéantir les méchants ennemis du véritable islam et établir le paradis sur terre. Il s’ensuit que tout régime est logiquement illégitime pour un chiite duodécimain. Ou plutôt était illégitime, car c’est ici qu’intervient l’invention géniale de la république islamique par l’ayatollah Khomeini. Certes, l’imam suprême est occulté, mais son enseignement et celui de ses onze prédécesseurs ont été recueillis par les ayatollahs et l’on peut en choisir un, qui fut en premier l’ayatollah Khomeini lui-même, puis l’ayatollah Ali Khamenei, enfin depuis l’assassinat de celui-ci, son fils, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, pour exercer l’autorité suprême, le velayat-e faqih (tutelle du savant) au nom de l’imam caché. Cette république islamique est donc en réalité une monarchie. Certains intégristes, comme le grand ayatollah marja (« source d’imitation ») Ali Sistani, iranien qui vit en Irak et qui jouit d’un immense prestige, n’ont pas accepté cette innovation de Khomeini, la république islamique, mais même ceux-là la tiennent pour un régime meilleur ou moins mauvais que tous les autres, et il est certain que la grande majorité des pieux musulmans chiites d’Iran n’ont aucun doute sur la légitimité de la république islamique.
C’est une chose de contester le gouvernement, c’en est une autre de contester le régime : ainsi, pour notre part, si nous condamnons Macron est sa clique, nous sommes attachés aux institutions de la cinquième république, quitte à vouloir les améliorer pour les ramener à leurs principes et en finir avec leur dévoiement. Les manifestations qui ont eu lieu en décembre 2025 et en janvier 2026 en Iran étaient au départ des protestations contre les pénuries et la vie chère, contre les difficultés économiques que connaissait le pays et qui étaient dues, au moins en partie, aux sanctions infligées à l’Iran, et donc à sa population, par les Américains. C’est pourquoi, au départ, la réaction de la police a été tout à fait modérée. Mais bientôt des meneurs, agents de l’étranger, d’Israël ou des États-Unis, ont confisqué le mouvement pour en faire une arme contre le régime. C’est alors que la répression s’est durcie pour faire plusieurs milliers de morts, en riposte aux provocations desdits agents de l’étranger. C’est fort triste, mais il faut se souvenir que la république française n’a été fondée dans la réalité que le 28 mai 1871, à l’issue de l’écrasement de l’infâme Commune de Paris par le grand Adolphe Thiers, et que cette répression légitime a fait plus de 30.000 morts.
On nous explique inlassablement que le peuple iranien serait hostile au régime dans son immense majorité, au moins à 80%. C’est peu probable. En réalité, les adversaires du régime ne sont que la minorité des Iraniens occidentalisés et américanisés, qui parlent anglais et sont désislamisés. Ce sont les plus favorisés par la fortune et par l’instruction. C’est un phénomène sans précédent : une lutte des classes inversée. Ce n’est pas le peuple qui se dresse contre la bourgeoisie, c’est ici au contraire la bourgeoisie qui se dresse contre le peuple, celui-ci restant attaché à ses traditions et à sa religion, réfractaire à l’Occident, qui ne transmet, à vrai dire, que la sous-culture américaine du rap et du rock et les idées cosmopolites de la superclasse mondiale. C’est donc plutôt 80-20 en faveur du régime. D’autant que la guerre faite à la nation iranienne n’a pu que renforcer l’union sacrée autour du régime en disqualifiant ses adversaires, qui sont désormais démasqués comme des agents de l’ennemi.
Du reste, c’était une calomnie de qualifier la république islamique de régime « totalitaire », c’est-à-dire tyrannique et collectiviste. Il n’était ni l’un ni l’autre. La meilleure preuve qu’il y avait en Iran une grande liberté, c’est que les services israéliens et américains ont pu infiltrer la société et même probablement l’appareil administratif ou gouvernemental dans des proportions incroyables, qui ont permis d’abord les opérations spectaculaires des commandos israéliens pendant la guerre de douze jours en juin 2025 et ensuite la localisation et l’assassinat des dirigeants iraniens en 2026. L’Iran était infesté de traîtres.
Ajoutons que l’Iran est loin d’être une pure monarchie. Sa constitution, qui a été adoptée par référendum, est un savant mélange de monarchie, d’aristocratie et de démocratie, donc un régime mixte, ce qui était l’idéal selon Aristote. Le guide suprême est élu par l’assemblée des quatre-vingt-huit « experts », qui sont eux-mêmes élus par le peuple au suffrage universel. Les députés qui composent le parlement sont élus de la même manière, tout comme le président de la république. Le guide suprême ne gère pas les affaires courantes. Il a la haute main, directement, sur le corps judiciaire et sur l’armée, y compris les pasdarans, gardiens de la révolution islamique, et il exerce sa tutelle sur l’État tout entier. Le guide et les experts nomment par moitié les membres du « conseil des gardiens de la constitution », autrement dit du conseil constitutionnel… et il faut, ce qui est un sérieux tempérament à la démocratie, lui montrer patte verte, c’est-à-dire prouver que l’on n’est pas un adversaire du régime, pour présenter sa candidature à une élection quelconque.
La république islamique d’Iran fondée par l’ayatollah Khomeini en 1979, quand il a renversé le régime honni du chah, est donc incontestablement légitime au regard de la foi religieuse des Iraniens, de leurs traditions et de leurs aspirations.
4. Collapsus de Donald Trump
Nous avons été chaud partisan de Donald Trump, président des États-Unis d’Amérique, depuis son intronisation le 20 janvier 2025… jusqu’au 28 février 2026 non compris. Il a en effet engagé, avec une énergie formidable, la contre-révolution anticosmopolite que nous appelions de nos vœux et qui était susceptible d’entraîner l’Occident tout entier, y compris notre chère patrie, la France. Nous ne ménagions pas les marques d’approbation et d’admiration à son action politique. Cela ne nous empêchait pas d’être lucide sur le personnage lui-même. Nous avons dit qu’il avait les trois « V » : qu’il était à la fois vulgaire, vaniteux et vénal. Nous aurions pu ajouter trois autres « V » : Trump est aussi vicieux, vantard et versatile (vicieux : il est plus que probable qu’il a été impliqué jusqu’au cou dans l’affaire Epstein, sachant qu’il est resté l’ami de celui-ci jusqu’en 2004). Ces défauts personnels étaient à nos yeux anecdotiques, tant son action politique était remarquable. Ils le sont moins dans le contexte de la guerre engagée contre l’Iran.
Avouons-le : nous pensions peu probable qu’il le fît, même quand il eut rassemblé une armada dans la mer d’Oman. C’était visiblement un moyen de pression qui devait inciter l’Iran à la conciliation et favoriser ainsi l’aboutissement des négociations en cours à Mascate et à Genève. Trump avait de très bonnes raisons de ne pas faire la guerre. D’abord, il avait promis à ses électeurs qu’il ne la ferait pas, ayant tiré la leçon des fiascos des guerres engagées par ses prédécesseurs au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. Il ne pouvait pas croire sérieusement que le régime allait s’effondrer à cause des bombardements : la CIA lui avait remis un rapport en ce sens et il ne fallait du reste pas être grand clerc pour arriver à cette conclusion. Il ne pouvait pas ignorer que les Iraniens riposteraient en bloquant le détroit d’Ormuz. Les Israéliens eux-mêmes, s’ils n’avaient pas été emportés par l’hybris de Nétanyahou, auraient dû refuser la guerre contre l’Iran, que deux anciens patrons du Mossad avaient déconseillée. Nul doute en effet que les Iraniens allaient riposter en bombardant l’État juif. Or, celui-ci, selon le projet sioniste, devrait finir par rassembler tous les Juifs du monde. L’aliyah, l’émigration vers Israël, est aujourd’hui fort peu tentante pour un Juif français ou américain, qui n’aura pas envie d’être obligé de se mettre quotidiennement à l’abri pour échapper aux bombes ni, s’il est jeune, de faire un long service militaire et d’être périodiquement enrôlé comme réserviste. Au contraire, les Israéliens qui ont une autre nationalité sont déjà nombreux à partir. La guerre signe le fiasco du sionisme. Les Américains, quant à eux, pouvaient se douter que les Iraniens bombarderaient leurs bases dans les pays arabes, bien que l’extension de ces attaques contre les installations civiles de ces pays fût plus difficile à prévoir.
Alors, pourquoi ? On se perd en conjectures. Voici quelques hypothèses. « Quand on a un gros marteau, on cherche un clou. » Le marteau en question, c’était l’armada réunie pour intimider l’Iran ; dès lors que celui-ci ne cédait pas à toutes les exigences de Steve Witkoff et Jared Kushner, les « envoyés spéciaux » de Trump, il était tentant de passer à l’action, alors que l’on risquait de perdre la face si les bâtiments de la marine américaine regagnaient leurs ports sans que les États-Unis aient rien obtenu de tangible.
Deuxième explication : « L’occasion fait le larron. » La CIA avait appris que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, allait sortir de son bunker pour une réunion avec les principaux dirigeants. On pouvait tous les tuer par un bombardement ciblé. L’idée était que la décapitation du régime allait provoquer son effondrement.
Troisième raison possible : Trump a cru naïvement qu’il allait pouvoir refaire avec l’Iran ce qu’il avait fait avec le Vénézuéla quand il avait capturé son président, Nicolas Maduro, le 3 janvier 2026. C’est une propension naturelle de vouloir réitérer ce que l’on a réussi. Mais il était stupide de confondre l’Iran et le Vénézuéla. Ils n'avaient rien à voir. Cela n’a pas empêché Trump, sans craindre le ridicule, d’affirmer qu’il allait choisir le successeur de celui qu’il avait assassiné, ou tout au moins qu’il devrait avoir son aval.
Quatrième hypothèse : aussi aberrant que cela puisse paraître, Trump et Nétanyahou pensaient que le peuple iranien allait « profiter » des bombardements pour se révolter et faire tomber le régime. De fait, sans craindre de tomber dans le ridicule, ils ont appelé les Iraniens à se soulever. C’était idiot, on l’a dit, d’une part parce que les manifestants du mois de janvier avaient compris la leçon après avoir été matés dans le sang et qu’ils n’étaient pas armés pour résister aux bassidjis et autres forces de l’ordre, d’autre part, parce que la guerre devait au contraire souder l’unité nationale derrière le régime. On a eu ici un cas exemplaire d’auto-intoxication par sa propre propagande. À force de répéter que la population rejetait le régime, Américains et Israéliens ont fini par le croire. Il faut aussi tenir compte du biais d’information. Les agresseurs étaient en relation constante avec leurs espions, leurs agents, qui ne se contentaient pas de les informer sur les cibles à abattre, mais qui, étant viscéralement hostiles au régime islamique, donnaient à penser que leur sentiment était partagé par la majorité des gens.
Quoi qu’il en soit, la guerre a donc éclaté le 28 février 2026. Il faut appeler un chat un chat et Trump un assassin. Ali Khamenei avait quatre-vingt-six ans. Au lieu d’attendre qu’il meure de sa belle mort, en l’assassinant, Trump en a fait un martyr. Quand on sait la force du culte du martyre pour les chiites, qui commémorent chaque année, en se flagellant, celui de l'imam Hussein, on se dit que ce crime était particulièrement stupide.
Cette façon de faire la guerre qui consiste à tuer les dirigeants, comme pourraient le faire de vulgaires terroristes, est pour le moins originale et apparemment sans précédent. Mais à quoi peut-elle mener ? À l’heure où nous écrivons, le 31 mars 2026, on est bien embarrassé pour deviner l’issue de cette guerre. L’effondrement du régime ou sa capitulation sont très peu probables. N’oublions pas à cet égard que l’Iran n’est pas seul. Il a de puissants alliés, la Russie et la Chine, qui restent discrets, mais qui l’aident certainement, probablement en lui fournissant des armes et en lui permettant de localiser précisément les cibles grâce aux informations de leurs satellites. La Russie a du reste le plus grand intérêt à faire durer la guerre tout en évitant la chute d’un allié précieux qui lui a fourni des drones fort utiles pour la guerre en Ukraine. Le blocage du détroit d’Ormuz, qui crée une pénurie de pétrole et de gaz naturel, fait monter les prix et augmenter le volume des ventes de la Russie en remplissant opportunément ses caisses. Trump a d’ailleurs été obligé d’alléger les sanctions infligées à la Russie pour tenter de freiner la hausse du prix du gallon d’essence, sujet politiquement fort sensible aux États-Unis.
L’invasion du pays par les troupes américaines est aussi peu probable. Il est trois fois plus grand que la France et couvert de montagnes, avec une population de 90 millions d’habitants. Les combats pourraient durer des années et faire des milliers de morts dans les troupes américaines sans résultat garanti, comme le montre le précédent de l’Afghanistan, lui-même bien plus petit que l’Iran.
Il est difficile d’imaginer l’accord que pourraient trouver les belligérants pour mettre fin à la guerre. Il devrait établir un cessez-le-feu et lever le blocage du détroit d’Ormuz. Mais quelles sont les moyens de pression des Américains pour faire passer l’Iran sous leurs fourches caudines ? Le bombardement des centrales électriques toucherait en priorité la population que l’on prétend sauver d’un régime tyrannique et les Iraniens ne manqueraient pas de répliquer en attaquant celles des États arabes. Donald Trump, qui ne cesse de dire une chose et son contraire, va-t-il tout à coup décréter qu’il a gagné et se contenter de la levée du blocage du détroit d’Ormuz ? Nous n’en savons rien.
5. Résistance à l’impérialisme yanqui
La France n’est pas directement impliquée dans cette guerre, fort heureusement, bien que l’un de ses soldats ait été tué en Irak par le tir d’une milice chiite liée à l’Iran. Le président Macron a quand même signé avec ses homologues anglais et allemand une déclaration irresponsable selon laquelle les trois pays étaient prêts à une action qualifiée absurdement de « défensive » pour détruire les rampes de lancement de missiles balistiques en Iran. C’était en pratique une déclaration de guerre, qui heureusement n’a pas été suivie d’effet.
La guerre faite à l’Iran par l’État yanqui devrait ouvrir les yeux sur les méfaits de l’impérialisme américain que le président Trump, contrairement à ses promesses, n’a nullement allégé. Ses manifestations sont nombreuses. Extra-territorialité de la loi américaine. Domination du dollar. Exploitation de la suprématie américaine dans tous les domaines de l’informatique. Actions d’influence et de subversion au titre du « soft power »
L’OTAN avait été créée pour faire pièce à l’URSS au cours de la guerre froide. Elle aurait dû être dissoute après l’effondrement de celle-ci et la dissolution du Pacte de Varsovie. Elle s’est au contraire étendue vers l’est aux anciens pays satellites de l’URSS et apparaît aujourd’hui, plus que jamais, comme un instrument d’assujettissement des pays européens à la puissance américaine. Le général de Gaulle avait fait sortir la France de l’organisation militaire intégrée. Aujourd’hui, cela ne suffirait pas, notre pays doit sortir purement et simplement de l’Alliance atlantique pour recouvrer son indépendance.
Il faut aussi opter pour le « Frexit », la sortie de l’Union européenne, qui apparaît plus que jamais comme une calamité à tous égards, qui porte atteinte à notre souveraineté nationale et qui aboutit de facto à la soumission aux intérêts yanquis.
Enfin, si nous avons un début de législation sur les agents de l’étranger, il faut le renforcer pour les démasquer en réduisant leur capacité de nuisance. Ceux de la Russie et de la Chine sont nombreux, mais ceux des États-Unis le sont dix ou cent fois plus, d’autant que c’est toute la société française qui est américanisée, comme si elle se disait inconsciemment : « OK, je me soumets à l’impérialisme américain. » Refusons cette soumission et affirmons plutôt à voix haute : « Non, pas d’accord, je refuse de me soumettre aux Américains ! »





Avec le general de Gaulle, Les choses ne se seraient pas passe comme ca. Il aursit fait un grand discours au balcon de l'hotel de ville, il aursit dit "vive la Republique islamique! Vive l'amitie franco-islamique! et tout aursit ete regle. Pourquoi le President Macron reste t-il aussi discret? Ou sont les chances d'action excaeptionnelles que l'antagonisme russo-ameeicain offer a la France?
Le Coran ne prescrit pas explicitement aux femmes de se voiler la tête. Il contient deux mentions (24, 31 et 34, 59) qui leur demandent de baisser les yeux et de rabattre leur manteau sur leur poitrine. C'est tout.
C.est la premiere fois que j'entends qcq prendre ostensiblement parti pour la barbarie contre l 'occident et cc'est grave. Israel est directement menace par les ayatollahs et il a le droit de defender. Les Etats-Unis ne font pas la guerre a l'Iran mais a un regime politique criminel. Ce probleme est ancien: le general Weygand l'avait apercus en... 1939. Mais comme ni le shah, ni la France, ni Les Etats-Unis n'ont jamais ose rien faire, on en arrive a tenir la barbarie pour legitime. La charia, a St-Denis aujourd'hui, a Versailles demain, c Vous convient?