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Perversité de la PND, prétendue nouvelle droite

  • Photo du rédacteur: Henry de Lesquen
    Henry de Lesquen
  • il y a 11 minutes
  • 21 min de lecture

1. Campagne contre la « nouvelle droite » en 1979

La néophilie a fait rage après la révolution cosmopolite de 1968. Il y avait eu antérieurement la nouvelle cuisine, on a eu droit ensuite aux nouveaux philosophes, aux nouveaux économistes, aux nouveaux romantiques et, donc, à la « nouvelle droite ». L’expression avait été sinon forgée, du moins lancée par Alain de Benoist, chef du GRECE, groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne, donc pour une civilisation qui n’existe pas : il y a une civilisation occidentale, mais ni le monde russe ni les Balkans n’en font partie, pas même la Grèce, dont le mouvement de Benoist a repris le nom dans son sigle. Toujours est-il que la prétendue nouvelle droite, qui se réduisait alors en réalité au GRECE, est tout à coup sortie de l'anonymat et a même connu une célébrité mondiale à la suite d'un article retentissant de Thierry Pfister intitulé « La Nouvelle Droite s'installe » dans Le Monde du 22 juin 1979.

Le journaliste dénonçait la naissance d'un complot néo-nazi tentaculaire, pur produit de son imagination, qui menaçait la démocratie et ce mythe, qu'il avait forgé de toutes pièces, a fait florès. L'actualité étant anémique cet été-là, les journaux du monde entier, dans toutes les langues, ont rempli leurs colonnes de centaines d'articles à ce sujet. Le point de départ était le recrutement par Louis Pauwels, fondateur du Figaro Magazine, qui avait connu un large succès dès son lancement, de plusieurs plumes issues du GRECE. Pour faire volume, Pfister avait inclus le Club de l'Horloge (CDH) dans le complot, et on y a même mis ensuite les nouveaux économistes… Étant cofondateur du Club de l'Horloge, dont j'étais le vice-président à l'époque (j'en suis devenu le président en 1985 et il a changé de nom pour devenir le Carrefour de l'Horloge en 2015), j'étais bien placé pour savoir que celui-ci n'avait rien à voir avec le GRECE. Nous étions, et nous sommes toujours, nationaux-libéraux, et, bien que l'association ne soit pas confessionnelle, nous reconnaissions et nous affirmions hautement l'identité chrétienne de la nation française et de la civilisation occidentale à laquelle celle-ci appartient. Au contraire, le GRECE était, et il est toujours, foncièrement antinational, antilibéral et antichrétien. C'était donc un amalgame odieux, car, il faut bien l'avouer, le GRECE, pour sa part, était effectivement néo-nazi, tandis que, pour notre part, nous condamnions le fascisme en général et le "nazisme" en particulier. Voyez à cet égard notre livre Socialisme et fascisme, une même famille et mon article "Hitler était socialiste". Notez que je dirai ici "nazi" pour faire simple et pour respecter l'usage, bien que le terme soit défectueux pour caractériser le parti socialiste-national des ouvriers allemands d'Adolf Hitler. Mieux vaudrait dire hitlérien que "nazi". Il est seulement vrai que nous avions accueilli certains transfuges du GRECE, mais ceux-ci avaient abjuré ses idées délétères pour se convertir aux nôtres.

Puisque le GRECE était bel et bien néonazi, la nouvelle droite qu'il prétendait mensongèrement incarner n'était en réalité ni nouvelle ni de droite. Ni nouvelle, puisque ses origines plongeaient dans les ténèbres du IIIe Reich d'Adolf Hitler. Ni de droite, puisque le fascisme en général et le "nazisme" en particulier étaient des formes de socialisme, des mouvements révolutionnaires qui voulaient créer un "homme nouveau" et qu'ils étaient donc en réalité de gauche.

Je ne me suis jamais fait la moindre illusion sur les convictions du GRECE. Je connaissais leur véritable nature. J'ai pourtant pensé à l'époque qu'il pouvait être un allié contre la gauche marxiste ou cosmopolite. C'était, dans mon esprit, toutes proportions gardées évidemment, une façon de constituer une alliance de la vraie droite avec les fascistes contre le danger cosmopolite, analogue à celle qui s'était formée entre les deux guerres mondiales, notamment en Italie et en Espagne, contre le danger communiste.

J’ai fréquenté beaucoup de gens du GRECE. Ce mouvement avait à mes yeux l’avantage de diffuser et vulgariser les idées d’auteurs importants, qui sont devenus des maîtres à penser du CDH, comme Konrad Lorenz. De plus, son insistance sur la métapolitique, expression créée jadis par Joseph de Maistre, et même sur un gramscisme de droite me paraissait excellente. C'était bien là que devait se jouer l'avenir de la France, sur le terrain des idées.


2.. Le GRECE, secte crypto-néo-SS

Le GRECE a été fondé à l’initiative d'anciens SS ou assimilés, tels que Giorgio Locchi, Pierre Lagny, alias Pierre d'Arribère, ou Olivier Mordrelle, alias Olier Mordrel, qui ont voulu transmettre et perpétuer leur idéologie et qui ont recruté et formé dans ce but des disciples plus jeunes comme Alain de Benoist. C'est pour cette raison que les gens de la PND défendent l'utopie d'un "empire européen", laquelle ranime le souvenir du projet avorté du "Reich de mille ans", et qu’ils ont inventé une “civilisation européenne” qui serait distincte de la civilisation occidentale et à laquelle les États-Unis d’Amérique, l’ennemi juré du Reich d’Adolf Hitler, n’appartiendraient pas. Difficile de trouver thèse plus absurde.

Alain de Benoist, François Bousquet et consorts ne sont pas seulement antinationaux et antilibéraux, ils ont aussi hérité des nostalgies néo-païennes de la SS de Himmler. D’où, par exemple; la célébration de Jul (Youle), solstice d’hiver, autour de la “tour de Jul”. “En Allemagne nazie, cette fête païenne du solstice, appelée Julfest, était la grande fête de la SS, célébrée à l'instigation de son chef, Heinrich Himmler, qui envisageait cette célébration comme une étape dans l'éradication du christianisme” (Wikipédia).

Le néo-paganisme dont se réclament les adeptes du GRECE au nom de la tradition indo-européenne est un contresens. Il est aussi absurde qu’artificiel. Absurde, dès lors que celle-ci est portée par le christianisme. Ces anti-chrétiens qui se réclament du paganisme des anciens Indo-Européens ne se sont jamais aperçus que le christianisme avait des origines indo-européennes, ce qui est pourtant connu depuis bien longtemps et que j'ai rappelé dans une conférence du 29 octobre 2022 en ligne sur ma chaîne YouTube. Artificiel, car les religions païennes des Gaulois, des Romains et des Germains, au demeurant fort différentes entre elles, sont mortes et enterrées, sauf pour ce que l’Église en a gardé en le christianisant, par exemple en assimilant certains dieux à des saints : ce fut l’interpretatio christiana.

Il se peut quand même qu’il y ait eu des traces de paganisme dans certaines traditions populaires, mais, d’une part, il est fort difficile de savoir d’où elles proviennent et il se pourrait bien qu’elles fussent d’origine pré-arya, d’autre part, ce ne serait au mieux que des débris dont on ne pourrait pas faire une religion. Le néo-paganisme est un produit de synthèse idéologique qui est contraire à toute tradition authentique. La France est chrétienne depuis la conversion de Clovis en 496 et, si la foi a reculé depuis trois siècles devant le matérialisme et l’athéisme, si les bons catholiques déplorent un « nouveau paganisme », celui-ci n’a en réalité rien à voir avec l’ancien. On ne peut pas faire revivre une religion qui a disparu. Il est d’ailleurs cocasse que les Français qui sont au GRECE et qui se disent néo-païens par haine du christianisme ne trouvent rien de mieux pour leurs rites ésotériques que le marteau de Thor ou la tour de Jul, qui relèvent de la mythologie des Germains et pas du tout de celle de nos ancêtres les Gaulois…

Il faut bien comprendre au demeurant que le mouvement hitlérien était idéologiquement hétérogène. Hitler voulait seulement qu'on lui fût fidèle, qu'on partageât son projet de Reich et sa haine des Juifs. De fait, les idées défendues respectivement par Goebbels, Darré ou Rosenberg étaient fort différentes les unes des autres et de celles de Himmler, chef de la SS. Celle-ci avait recruté de nombreux non-Allemands, qui n'étaient pas attirés par le nationalisme allemand et qui ont donc forgé l'idéal d'un empire européen fondé sur la primauté de la "race aryenne" (c'est-à-dire en fait de la sous-race nordique de la race caucasoïde) et sur l'exclusion des Juifs. Le GRECE a hérité de cette tendance-là, non des autres.

Si, pourtant, la PND reste sûre d'elle même, c'est qu'elle a une doctrine ésotérique qui lui donne bonne conscience. Feu Guillaume Faye, que les "Jeunesses lesquénistes" avaient reçu en 2017, deux ans avant sa mort, et qui avait rompu avec le GRECE depuis plusieurs années, m’a révélé à cette occasion le nom de la société secrète qui se cache derrière le GRECE, société secrète à laquelle il avait appartenu et dont j’avais entendu parler depuis longtemps, grâce à diverses indiscrétions : c’est la “Sodalité”. Du latin sodalitas, association, confrérie. Pour les simples membres du GRECE, non initiés à la Sodalité, on parle de la “Centrale”. Le modèle de ladite société secrète est la Thule Gesellschaft qui a été active en Allemagne entre les deux guerres mondiales, à partir de 1918, avant de se fondre en 1933 dans le mouvement hitlérien, qu’elle avait inspiré. La Sodalité est loin d’être aussi importante que sa devancière et je doute qu’elle compte pour sa part plus de quelques dizaines de membres, moins de cent. En tout cas, la Sodalité est une vraie société secrète, avec rites d’initiation, serments d’allégeance, cérémonies néo-païennes et, bien sûr, culte du souvenir hitlérien sous le signe du svastika. On y entretient la flamme de la tradition ésotérique des anciens SS, avec son idéal aryaniste ou nordiciste. (Cette référence prête à sourire quand on songe au type physique d’Alain de Benoist ou Philippe Milliau, qui ne sont pas franchement de grands dolichocéphales blonds…)

Le GRECE est donc la structure publique, exotérique, d’une organisation secrète, ésotérique, la Sodalité. La sympathie d’Alain de Benoist pour l’islam doit peut-être à la pratique de la taqiyah, la dissimulation ! Toujours est-il que les membres de la Sodalité et du GRECE (la première étant le noyau du second) se croient autorisés à toutes les reptations opportunistes dans leur discours public, afin de se faire accepter par le système, parce qu’ils gardent bonne conscience grâce à leurs pratiques secrètes. Celles-ci leur donnent cette autre illusion de rester fidèles à leurs convictions. Ils ont inventé en quelque sorte une psychothérapie de la trahison.

Au fur et à mesure que les anciens SS qui étaient à l’origine du mouvement vieillissaient ou disparaissaient, le sens de l’honneur qu’ils avaient incarné s’estompait avant de disparaître tout à fait. La dérive et la dégénérescence du GRECE ; qui étaient apparues en 1979, lors de la campagne médiatique sur la nouvelle droite, n’ont cessé de s’aggraver avec celui qui en était le gourou, Alain de Benoist.


3. Trois penseurs de pacotille, Venner, Faye, Benoist

Aucun des trois principaux auteurs de la PND n'a une pensée digne de ce nom.

Commençons par évoquer feu Dominique Venner (1925-2013). C'était un homme d'honneur, à la différence des deux autres, et un écrivain de qualité, mais ses idées ne valent pas tripette. Ce n'était qu'un historien de seconde main, qui n'avait jamais consulté les archives, mais il a fait au moins un excellent petit livre sur L'imprévu dans l'histoire, en 2012. Cependant, son talent s'arrêtait là. Il avait une haute opinion de lui-même, qu'il a avoué sans complexe dans son ouvrage posthume, Un samouaï d'Occident, mais il a en fait aligné les erreurs et les sottises dans ses textes doctrinaux. Par exemple, dans le dernier, il se prononce pour la décroissance… Son ouvrage majeur, le plus ambitieux, Histoire et tradition des Européens : 30.000 ans d'identité, est affligeant. En l'intitulant "30.000 ans d'identité", Venner ne paraît même pas avoir compris que les Indo-Européens dont il se réclamait ne sont arrivés en France qu'il y 5.000 ans et il paraît les confondre avec les chasseurs ouest-européens. Dans le même livre, par exemple, ce néo-hitlérien, sans doute pour dissimuler sa véritable nature par un artifice pitoyable, se gausse des nazis qui ne voulaient pas reconnaître les Romanichels comme des Aryens alors qu'ils parlent une langue indo-européenne, le romani. C'est faire preuve d'une parfaite ignrance du sujet. En Inde, seules les trois castes ou varnas supérieures, les brahmanes (prêtres), les kshatriyas (guerriers) et les vaisyas (paysans et commerçants) sont des Aryas, des "deux fois nés". La quatrième caste, les sudras (artisans) et les tchandalas, hors-caste, ont beau parler la même langue indo-européenne, ils ne sont pas des Aryas. Or, les Romanichels descendent selon toute apparence d'émigrés tchandalas. Et tout est à l'avenant dans ce livre aussi médiocre que prétentieux.

Guillaume Faye (1949-2019) était sympathique, mais parfaitement dégénéré, et ses délires opportunistes et racoleurs ne doivent pas être pris au sérieux. Il est inutile de s'étendre sur ses écrits, bien que d'aucuns en aient fait grand cas. Le personnage était drogué, partouzard, il avait joué dans des films pornographiques et il a sombré dans l'alcool pour devenir un déchet humain à la fin de sa vie. Difficile d'en faire un héros de la grande Europe. Il est quand même vrai qu'il avait du style, qu'il avait le sens de la formule et que l'on pouvait se laisser prendre par naïveté à son flot de paroles. L'archéo-futurisme dont il se réclamait était une formule intéressante, paraissant signifier que notre avenir devait être la poursuite de notre passé, de l'héritage de nos ancêtres. Mais, sur le fond, son verbiage était creux et il se contentait de paraphraser la "science-fiction" pour annoncer que les voitures allaient disparaître et que nous prendrions des trains enfouis dans des tunnels comme pour le métro... Je me suis appliqué à le lire, mais c'était une perte de temps.

Quant à Alain de Benoist (né en 1943), le gourou de la secte, que son ex-ami Faye surnommait « le philosophe du copier-coller », qui se vante d'avoir un gros QI et qui a certainement une mémoire d’éléphant et une haute opinion de lui-même, il n'a pas dépassé le niveau du bac et n'a jamais eu la moindre idée originale. C’est un compilateur. Alain de Benoist impressionne par l'étendue de sa mémoire, que les naïfs prennent pour de l'intelligence. Immigrationniste, islamophile, tiers-mondiste, européiste, il n'a eu de cesse de baver sur « l'extrême droite » et le Front national. Pétri de haine pour la nation française et la civilisation occidentale, il est objectivement cosmopolite. Cosmopolite tendance raciste, Alain de Benoist entretient en secret la pure doctrine SS transmise par Pierre Lagny, Giorgio Locchi et Olivier Mordrelle, alias Olier Mordrel, lequel était pendant la guerre le chef (Führer) du parti séparatiste breton d'inspiration et d'allégeance hitlériennes. Alain de Benoist s'emploie à saper l'identité de la France par haine du christianisme et des traditions authentiques. Le relativisme dont il se réclame pour attaquer l'universalisme est le faux nez de son cosmopolitisme. Alain de Benoist et ses disciples ont, en bons cosmopolites, une prédilection pour les sarcasmes ricanants. Quand on s'ébroue dans la fange des idées gréçeuses, on n'est pas de droite, même nouvelle. Collectiviste et cosmopolite à la fois, dans une perverse hybridation, Alain de Benoist est un homme de gauche. Il est le gourou d'une secte qu'il entraîne dans la voie sans issue de l'anti-France et de l'anti-Christ.

Il a écrit de nombreux livres et d'innombrables articles. Prenons par exemple un article récent sur le judéo-christianisme et la civilisation judéo-chrétienne, paru dans la revue Éléments de février-mars 2026. C’est très mauvais, bourré d’erreurs, et il passe à côté de l'essentiel, qui est pourtant simple : s’il n’y a pas en effet de « civilisation judéo-chrétienne », c’est tout simplement que les Juifs n’ont joué aucun rôle dans la formation de la civilisation occidentale. Je vous invite à comparer cet article à mes propres productions sur le sujet, en dernier lieu dans « Réinformation sur la question juive » (articles du site lesquen.fr). À vrai dire, la lecture de l'article de Benoist est aussi une perte de temps.

En revanche, pour être honnête, je reconnais que l'éditorial du même Benoist dans le même numéro sur « Le parti de la guerre » est excellent. Bien qu'il soit dépourvu d'originalité et qu'il ne puisse rien vous apprendre pour peu que vous ayez suivi mon émission de Radio Athéna ou lu les articles de la Lettre de réinformation du PNL.

Je pense d’ailleurs que Benoist, pour sa part, a lu mon premier article : le passage où il oppose l’orthopraxie du judaïsme, religion de la loi, à l’orthodoxie du christianisme, religion de la foi, ressemble à un copier-coller. Il ne pouvait pas aller plus loin puisque la PND fait l’amalgame entre le judaïsme et le christianisme. Celui-ci serait, selon elle, une religion purement sémitique, qu’il faudrait rejeter à ce titre.

Il est temps d'expédier Alain de Benoist dans les poubelles de l'histoire des idées.

Comme les trois mousquetaires, les trois penseurs de pacotille de la PND sont en réalité au nombre de quatre, car il faut ajouter Lugan à Venner, Faye et Benoist.

L’article de Bernard Lugan, toujours dans le même numéro d’Éléments, intitulé : « Réflexions sur la colonisation – L’universalisme contre le peuples », n’a rien du galimatias de celui de Benoist sur le judéo-christianisme. Il est excellent dans la forme, tout en étant détestable sur le fond. S’il rend hommage, ce qui est la moindre des choses, à l’héroïsme des Français qui ont bâti sur le terrain, au risque de leur vie, notre empire colonial, il multiplie les sophismes et les contresens dans un réquisitoire tendancieux contre la colonisation française qui le range aux côtés de la gauche « post-coloniale » et antifrançaise. Il prétend que l’idéologie de la gauche de Jules Ferry, héritière de la révolution de 1789, était assimilationniste, alors même que Ferry parlait de « races supérieures » et de « races inférieures », et que la citoyenneté française n’a pas été accordée aux colonisés, sauf exceptions. Il essaie sans complexe de fourguer le concept vaseux de « l’ethno-différentialisme », qui illustre le relativisme débile de la PND, à Lyautey et à Gallieni. Il passe sous silence les immenses bienfaits de la colonisation pour les peuples colonisés mis en lumière dans le bel article d’Auguste Lorrain publié sur lesquen.fr, lequel a pu se référer aux propres écrits de Lugan. Il dénonce stupidement l’universalisme, qu’il confond implicitement avec le cosmopolitisme, et, pis encore, tombe dans un relativisme insupportable en osant affirmer que les ancêtres des Marocains valaient bien les nôtres ! 

Lugan prétend aussi que la gauche continue à se réclamer de l’assimilation républicaine, alors qu’elle l’a abandonnée depuis longtemps pour une fumeuse « intégration », faute d’espérer assimiler les masses d’allogènes musulmans ou congoïdes qui ont déferlé sur la France. Sa mauvaise foi n’a donc pas de limite, car il pouvait difficilement l’ignorer. Son adhésion fanatique aux idées délétères et aberrantes de la PND le pousse a dire n’importe quoi, au mépris des faits.

Enfin, dernier sophisme, il soutient que la colonisation serait la cause de l’immigration de remplacement que nous subissons, alors que tous les pays d’Europe occidentale sont à la même enseigne et la subissent tout autant, même ceux qui n’ont pas eu ou pas gardé d’empire colonial comme l’Allemagne.


4. Succès paradoxal de la PND

On aurait pu penser que la PND, après la campagne de 1979, allait conserver l'étiquette de néo-nazi qu'on lui avait appliquée à bon droit et dont, en bonne logigue, elle n'aurait pas dû se remettre, d'autant que la médiocrité de sa pensée n'aurait pas dû attirer les foules. Or, c'est tout le contraie qui s'est produit. Quante-sept ans après la campagne contre la prétendue nouvelle droite, cette mouvance n'a jamais été aussi puissante, poussant des ramifications partout à droite.

Le GRECE reste le vaisseau amiral, flanqué de sa revue Éléments (Éléments pour la civilisation européenne), dirigée par François Bousquet, et les revues Nouvelle École et Krisis. François Bousquet dirige aussi une maison d'édition, La nouvelle librairie.

Dans un deuxième cecle, on compte plusieurs satellites. D'abord, l'Institut Iliade (Institut pour la longue mémoire européenne), dirigé par Philippe Conrad, qui fut le bras droit de Venner. Cet "Institut" réunit beaucoup de monde dans ses colloques. On notera cette fixation de la PND sur une « civilisation européenne » qui n’existe pas, ce qui est révélateur de l'inanité de sa pensée.

Il y a aussi : TV-Libertés, fondé par Philippe Milliau, qui a peut-être gonflé les chiffres, mais qui se targue d'avoir un million d'abonnés. Les appels de fonds qui financent en partie "TV-Libertés" sont organisés par les sociétés “Synonymes” ou “Ad Litteram” sises à Redon et dirigées par Tristan Mordrelle. Je connais cet individu, que j'ai fait travailler pour Radio Courtoisie, et qui a un savoir-faire incontestable. Fils d'Olier Mordrel, il est né au Paraguay, où son père s'était réfugié pour échapper à l'épuration. Il partage entièrement les idées de son père, qui sont aussi celles de Philippe Milliau et, secrètement, celles du GRECE en général : je le sais, parce qu'il me l'a dit.

On peut même maintenant ajouter Radio Courtoisie, que j'ai dirigée pendant onze ans, de 2006 à 2017, et dont le président est Jimi Pirson, alias Pierre-Alexandre Bouclay, depuis 2021. Or, Pirson-Bouclay est un ami très proche de Tristan Mordrelle. Avec lui, il a dirigé une revue révisionniste, L'autre histoire, avant la loi Gayssot du 13 juillet 1990. Pirson a pris ensuite un pseudonyme pour faire oublier son passé sulfureux. Il n'empêche, ce triste sire, que j'avais fait entre au conseil d'adminstration de Radio Courtoisie, que j'avais nommé directeur de la communication avec une rémunéation de 3.000 euros par mois et qui m'a honteusement trahi, est un militant zélé de la PND et il s'est empressé de donner une émission à François Bousquet.

On peut enfin compléter la liste avec Terre et peuple,où ce qu'il en reste, le mouvement dissident de Pierre Vial.

De surcroît, la PND a exercé son influence délétère sur plusieurs mouvements, notamment, pour les jeunes, Génération identitaire et la Cocarde étudiante. Mais aussi, notamment, sur les soi-disant féministes de droite du groupe Némésis. Et même sur Academia christiana de Julien Langella, association qui a osé se prétendre chrétienne tout en s'acoquinant avec des ennemis jurés du Christ.

La PND s'est aussi infiltrée dans les partis politiques. Elle avait d’abord misé sur Zemmour. On connaît cette jolie devinette : c’est un homme politique juif qui se réclame du nationalisme, qui est soutenu par des néo-nazis et dont le nom commence par Z. Qui est-ce ? Deux réponses possibles : Zemmour et Zelensky.

Plus grave, la PND a fait son entrée par la grande porte au Rassemblement national en 2023 avec un cours dispensé par François Bousquet, porte-coton du gourou dégénéré Alain de Benoist, dans la nouvelle école des cadres, « Campus Hemera », dont le nom est typique du style de la PND : référence à une déesse grecque (Athéna n'étant pas disponible, puisque nous l'avions déjà prise pour Radio Athéna, ils ont dû se rabattre sur une déesse plus obscure), et « campus » pour faire moderne… alors que c’est un mot américain ! Il faut y voir l'influence d'un proche collaborateur de Bardella, Pierre-Romain Thionnet, ex-secrétaire général de la Cocarde étudiante, directeur national de Génération nation, mouvement des jeunes du RN. Il est clair que Thionnet fait partie de la PND. En recrutant Bousquet, il a jeté le masque.

Jordan Bardella ignore-t-il que la PND est une secte crypto-néo-SS, qu'elle est européiste et antinationale, qu'elle a fait l'apologie de Matzneff et de la pédophilie ? Il est vrai que Bardella est lui-même redevable à un autre membre de la PND, Gilles Pennelle, qui a fait sa carrière au FN, puis au RN, et dont il a fait en remerciement le directeur. Il a quand même été obligé de le limoger en 2024, après les législatives, car Pennelle avait fait la preuve de son incompétence, tant dans la préparation du programme que dans le choix des candidats.


5. Les deux mythes mobilisateurs de la PND

Le succès paradoxal à long terme de la PND s'explique en partie par la qualité de son organisation et de sa stratégie d'entrisme, autour du centre que constituent le GRECE et la Sodalité, et de ses revues à prétention intellectuelle. Mais cette explication est insuffisante. Le succès incontestable de la PND vient de deux mythes mobilisateurs : Hitler et l'Europe.

Pour la plupart des gens, conditionnés par un matraquage médiatique continu, le nom de Hitler suscite l'horreur. Mais il y a aussi un nombre non négligeable d'individus, surtout parmi les jeunes, qui entendent se rebeller contre l'idéologie dominante et qui voient en celui qu'ils surnomment affectueusement "Tonton Adolf" un héros et un martyr. Ceux-là comprennent le double langage de la PND et s'inscrivent avec enthousiasme dans la mouvance de celle-ci. On ne doit pas sous-estimer cette lame de fond clandestine qui favorise la pénétration de la PND dans certains milieux.

L'autre mythe mobilisateur, c'est l'Europe. Alors que la nation française est en déclin, beaucoup s'imaginent que nous ne recouvrerons la grandeur et la puissance que dans une Europe unie. La construction européenne devient alors un impératif catégorique.

Les deux mythes peuvent se conjuguer puisque de nombreux anciens hitlériens ont investi dans la "construction européenne" après 1945. La commission européenne née du traité de Rome en 1958 fut longtemps appelée "commission Hallstein" du nom de son président, Walter Hallstein. Or, ce dernier était un ancien hitlérien.


6. Perversité de la PND

Les gens de la PND sont fanatiquement antichrétiens. Ils vouent aux gémonies la morale chrétienne de l’Occident. D’où la dérive qu’a connue le GRECE sous la houlette d’Alain de Benoist. Après s’être vanté d’avoir inventé “de nouvelles formes de conjugalité” (sic) pour faire élégamment l’éloge des orgies ou “partouzes”, Alain de Benoist a pris publiquement la défense de la pédophilie dans la revue Éléments en soutenant que c'était moins grave pour un enfant que de regarder une série américaine à la télévision (sic).

Dans le numéro de Rivarol du 2 novembre 2022 on lisait un article de François-Xavier Rochette sur la prétendue nouvelle droite et la pédophilie. Il est temps de démasquer la PND, qui est un poison pour la vraie droite. La PND est dirigée par des dégénérés qui prennent fait et cause pour les pédophiles et la pédophilie. On pense irrésistiblement à un plaidoyer pro domo.

Je vais reprendre à ce propos un excellent article de Maxence de Touraine. Alain de Benoist ne rougit pas d’avoir étroitement collaboré avec les gauchistes de Libération, dont l’avocat de la pédophilie Guy Hocquenghem, mais sa compromission ne s’arrête pas là. Le gourou du GRECE garda « religieusement » le silence pendant l’affaire, en vérité tenu par sa prédilection pour l’ogre Gabriel Matzneff. Dans un article de la revue Éléments au titre suffisamment élogieux pour être révélateur, « L’archange Gabriel », Alain de Benoist tomba le masque et révéla au grand public sa tendresse pour les pédophiles et la pédophilie :

« [Il] me semble, selon mon échelle de valeurs personnelles, qu’il est plus “scandaleux” de regarder les jeux télévisés, de jouer au Loto ou de lire Le Meilleur, que d’avoir la passion des fesses fraîches, des émotions naissantes et des seins en boutons. Bien des imbéciles se sont horrifiés de la publication des Moins de seize ans. Que des adultes qui admettent fort bien que leur progéniture s’abrutisse des journées entières devant des machines à sous ou des téléfilms débiles, tremblent à l’idée que leur fille, plutôt que de passer son temps avec des crétins de son âge, puisse coucher avec un écrivain “qui pourrait être son père” et tomber dans les rets de ce suborneur de Gabriel, me fait, quant à moi, plutôt éclater de rire. »

Infect éclat de rire du cosmopolite ricanant de tout et responsable de rien, méprisant davantage le vulgum pecus que les violeurs d’enfants. Et le soutien à Matzneff ne s'est jamais démenti, il s'est au contraire affirmé lors de l'affaire Vanessa Springora, en 2020. Ce constat suffit à renvoyer la prétendue nouvelle droite dans les poubelles de l’histoire intellectuelle.

Si l'immoralité de la PND, sa défense et illustration de la pédophilie, est ce qui soulèvele cœur, il faut aussi relever qu'elle soutient des thèses odieuses ou absurdes dans presque tous les domaines, comme la décroissance et, on l'a vu, un européisme antinational.

En pratique, la PND est lâche et candaulesque, elle fait tout pour se faire bien voir de la gauche. Elle tremble d'être taxée d'antisémitisme et, bien sûr, elle a léché les babouches de Moïse Zemmour. Quelle bassesse !

Le "pragmatisme politique" de la PND, autrement dit son opportunisme sans morale et sans complexe. est bien le seul domaine où elle brille, alors que ses idées sont infectes, tant dans son discours officiel, au niveau exotérique, que dans les convictions profondes de la secte néo-païenne, néo-SS, au niveau ésotérique.


7. La PND, ennemie principale de la vraie droite

Toutes les raisons invoquées en faveur de l’unité de l’Europe ou de la « construction européenne » sont fallacieuses. L’Europe est une utopie, la nation est une réalité. Le mythe européen est essentiellement antinational et donc cosmopolite. Consciemment ou non, ses promoteurs et ses partisans sont des ennemis des nations, dont ils cherchent à détruire l’identité et la souveraineté. Il n’y a pas d’identité européenne. Les jeunes Français soi-disant identitaires qui, en janvier 2021, proclamaient en anglais – dans la langue de l’impérialisme et du cosmopolitisme – « Defend Europe ! » (« Défendez l’Europe ! »… et non l’Occident, la nation ou la France) pour combattre l’immigration extra-européenne – ce qui était en soi une œuvre pie –, et qui se réclamaient absurdement d’une identité européenne imaginaire sous l’influence de la funeste PND, étaient en pratique des anti-identitaires, ennemis de l’identité réelle, qui est nationale, et ils étaient donc objectivement cosmopolites.

On ne pouvait qu’approuver les militants qui ont commémoré en mai 2023 la mort d’un martyr de la cause nationale (Sébastien Deyzieu). Mais ces jeunes gens ont cru intelligent de clamer : « Jeunesse, Europe, révolution ! »… Or, la révolution est intrinsèquement perverse, l’Europe est un mythe antinational, la jeunesse est un moment à passer et le « jeunisme » est une subversion de la tradition et de l’identité… Il aurait mieux valu scander, par exemple : « Race, nation, réémigration ! »

La PND est la maladie vennérienne de la droite. Il ne faudrait pas que la PND vérolât le RN. surtout sur la question de l'Europe, mais pas seulement : écologisme, anti-christianisme, anti-libéralisme…

Il ne faut donc pas hésiter à mettre le RN en accusation sur ses liens avec la secte crypto-néo-SS et donc clouer Thionnet au pilori comme infiltré de la PND.

L'influence de la PND explique probablement le peu d'écho que la revendication du Frexit, de la sortie de la France hors de l'Union européenne, a dans la population, notamment chez les jeunes. Il n'y a guère que Florian Philippot et François Asselineau qui s'en réclament ouvertement et avec vigueur, mais ils sont marginaux. Or, tout nationaliste conséquent devrait vouloir libérer la France des chaînes de l'UE. Quand on voit que celle-ci a imposé le traité du Mercosur à l'agriculture française et que, pourtant, les organisations agricoles n'en ont pas tiré la conclusion qui s'imposait, à savoir la sortie de l'UE, on ne peut qu'être effondré. L'européisme, voilà l'ennemi, et la PND en est une avocate acharnée.

Quand on observe avec admiration la contre-révolution anticosmopolite engagée aux États-Unis d'Amérique depuis l'investiture du président Donald Trump le 20 janvier 2025 (et cela, indépendamment de son agression criminelle contre l'Iran, qui est un autre sujet), on se dit que c'est probablement la PND qui empêche que la même lame de fond se produise en France. Au mouvement MAGA, Make America great again, Rendez sa grandeur à l'Amérique, devrait correspondre un mouvement français, "Rendez sa grandeur à la France". L'association Turning Point USA de feu Charlie Kirk se réclame et de la nation et des principes chrétiens. En France, la PND, en étendant ses ramifications, en vantant l'européisme et en sapant la morale chrétienne, empêche qu'une telle évolution nécessaire au salut de la France puisse se produire chez nous. Elle bloque la diffusion des idées nationales-libérales. Voilà pourquoi on peut affirmer que la PND est l'ennemie principale de la vraie droite, donc du salut de notre patrie


8. Remarques personnelles pour en finir avec la PND

C'était le mercredi 21 mai 2013. Président de Radio Courtoisie à l'époque, j'étais sur place quand j'ai vu arriver Philippe Conrad, que j'avais nommé patron d'émission et qui venait donc pour son "libre journal des historiens" ; il était accompagné de Jean-Yves Le Gallou et de Bernard Lugan. lls avaient tous les trois déjeuné avec Dominique Venner, qui devait participer lui aussi à l'émission et qui ne leur avait rien dit de son projet de suicide à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Conrad a trouvé dans son casier une lettre de Venner qui lui annonçait ce qui s'était passé. On imagine le choc. Il m'a demandé de participer à l'émission, ce que j'ai accepté, et j'ai fait l'éloge posthume de Venner, en justifiant son acte, qui, à première vue, pour un chrétien, était un sacrilège. J'ai fait valoir que, dans sa logique, l'intention de Venner était bonne, puisqu'il voulait alerter les Français par son geste contre le danger mortel que courait leur pays. Quelques jours après, j'ai participé au colloque d'hommage à Venner et on trouvera mon intervention en ligne sur ma chaîne YouTube. Je suis aussi revenu sur le sujet dans mon libre journal du lundi soir, en maintenant mon point de vue.

Comme je l'ai dit, j'ai longtemps cru que la PND pouvait être une alliée de la vraie droite. En conséquence, j'ai nommé une demi-douzaine de patrons d'émission issus de la PND.

Or, en 2016, trois ans plus tard, la PND, menée en l'occurrence par Philippe Milliau, a monté une cabale contre moi pour m'obliger à quitter Radio Courtoisie, que j'avais sauvée en 2006, après la mort de son fondateur Jean Ferré, que j'avais développée depuis pendant déjà dix ans. La cabale a raté, car j'ai pris les mesures qui s'imposaient, mais elle a préparé la cabale suivante, qui, elle, a réussi, à m'évincer de Radio Courtoisie en juillet 2017. J'ai donc compris en 2016, il y a dix ans, la vraie nature de la PND. Bien que ces individus se réclament dans leurs conciliabules secrets de la devise de la SS, "Honneur et fidélité", le fait est qu'ils sont sans honneur puisqu'ils n'ont tenu aucun compte de ce que j'avais fait pour Venner et pour eux.

Cette expérience personnelle m'a ouvert les yeux sur la PND. Je connaissais depuis toujours leurs convictions profondes, et je savais aussi qu'Alain de Benoist était une pourriture, mais c'est alors seulement que j'ai compris et analysé la bassesse de ce courant de pensée, dans son ensemble, et celle de ses militants.


 
 
 

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