Souveraineté nationale et ingérences étrangères
- Henry de Lesquen

- il y a 13 heures
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1. Le fantasme de l’ingérence russe
Je suis innocent ! Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur de mystérieuses ingérences russes qui auraient visé Gabriel Attal et Édouard Philippe afin de réduire leurs chances de gagner l’élection présidentielle de 2027. Or, mon éditorial du numéro d’août 2026 de la Lettre d’information du PNL était intitulé : « Attal, Philippe, deux clones de Macron qui ne doivent pas lui succéder ». J’y ai dit le plus grand mal de ces deux anciens premiers ministres. Et, ce qui aggrave mon cas, c’est que j’avais fait auparavant moult interventions à l’écrit et à l’oral pour rappeler les vérités historiques sur l’appartenance de l’Ukraine au monde russe, qui est né à Kiev au Xe siècle, pour dénoncer le coup d’État de Maïdan de 2014 financé par la CIA, la violation par l’Ukraine des accords de Minsk, l’agression contre les populations du Donbass, la persécution des russophones dans ce pays… toutes circonstances qui justifiaient l’intervention russe du 24 février 2022. Je n’ai cessé en outre de condamner les sanctions contre la Russie, l’aide que la France et l’Union européenne apportent à l’Ukraine, les dangers mortels de ce qui ressemble fort à de la cobelligérance contre la première puissance nucléaire mondiale, en soutenant que la France devrait rester neutre. Mon cas est donc pendable.
Pourtant, je le jure sur la tête de mes enfants et de mes petits-enfants, je n’ai jamais touché un kopeck de la Russie, ni directement ni indirectement, sous quelque forme que ce soit. Ni moi, ni le Carrefour de l’Horloge ni le Parti National-Libéral. Et aucune Mata-Hari venue du froid ne m’a fait sortir du droit chemin. Non, j’ai simplement défendu en conscience l’intérêt de la nation et l’honneur de la vérité.
Il semble cependant que, jusqu’à présent, ce n’est pas moi qui suis en cause… On parle de la diffusion sur les réseaux sociaux de vilaines accusations mensongères lancées contre le pauvre Gabriel Attal. On cherche à faire accroire, dit-on, qu’il serait malade, ou encore qu’il serait corrompu. Quoi qu’il en soit, tout cela relève du champ le plus classique de l’injure ou de la diffamation, ou éventuellement, bien que ce soit quelque peu prématuré, de la diffusion de fausses nouvelles en période électorale.
N’est-ce pas suffisant ? La loi du 25 juillet 2024 « visant à prévenir les ingérences étrangères en France » a créé une obligation de déclaration pour les agents de l’étranger, passibles de trois ans de prison s’ils s’en abstiennent. Ce n’est pas contestable en soi, sauf que la France a imité sur ce point la Russie et la Géorgie, dont les lois sur les agents de l’étranger avaient été dénoncées comme des atteintes intolérables à la démocratie. Cette campagne venue de l’étranger en défense des agents de l’étranger a déclenché une nouvelle « révolution de couleur » à Tbilissi, à l’instigation vraisemblablement des services américains et de la fondation Open Society (Société ouverte) de George Soros, pour faire tomber le gouvernement du « Rêve géorgien », heureusement sans succès.
Le projet de loi présenté par le gouvernement Lecornu le 22 juillet 2026 « relatif à la lutte contre les ingérences étrangères dans la démocratie » est plus inquiétant. Il permettrait un renforcement de la surveillance des réseaux sociaux pour lutter contre les fausses nouvelles ou plutôt contre les allégations que le gouvernement qualifierait de fausses nouvelles. En outre, un décret du 22 juillet 2026 a instauré une commission « indépendante » pour informer le public sur les fausses informations qui seraient diffusées sous l’influence de l’étranger. On pense au « ministère de la vérité » du fameux roman d’Orwell, 1984. On peut donc craindre de nouvelles atteintes à la liberté d’expression.
C’est une obsession pour Macron et ses séides, à vrai dire pour l’oligarchie cosmopolite en général, dont ils sont les fondés de pouvoir, il faut museler la libre expression sur Internet, empêcher par tous les moyens la réinformation qui parvient parfois à mettre en pièces les mensonges de la doxa cosmopolite. Macron avait voulu « labéliser » les media, puis, sous couvert de protection de la jeunesse, contrôler l’accès aux réseaux sociaux, ce que le conseil constitutionnel, bien orienté pour une fois, a opportunément censuré.
Entendons-nous bien : oui, il est légitime et opportun de lutter contre les ingérences étrangères comme l’ont fait la Russie ou la Géorgie avant la France pour protéger la souveraineté nationale. Encore faut-il le faire sérieusement et se donner des moyens efficaces.
Pour les ingérences étrangères comme pour le reste, la France doit adopter une défense « tous azimuts », comme disait de Gaulle. Oui, il ne fait pas de doute que la Russie a mené parfois des campagnes dans les pays étrangers pour favoriser tel candidat ou pour nuire à un autre. On a dit qu’elle avait permis l’élection de Donald Trump aux États-Unis en 2016, ce qui paraît pour le moins exagéré. En fait, il est évident que l’ingérence russe est minime par rapport au soft power, au pouvoir d’influence de l’Amérique, qui s’exerce par tous les canaux, et qui submerge notre identité culturelle. À cela s’ajoute l’action des services secrets. On a soutenu avec quelque vraisemblance que la révolution cosmopolite de mai 1968 en France avait été fomentée par la CIA. Celle-ci n’a cessé depuis des dizaines d’années de s’ingérer dans les affaires intérieures des États étrangers. On sait qu’elle a fait tomber Mossadegh en Iran en 1953. Elle a été derrière une série de « révolutions de couleur » dans le monde, souvent en coopération avec la Fondation de Soros. Il ne fait pas de doute qu’elle ne cesse d’intervenir sous le manteau dans notre pays. Pourtant, à en croire le gouvernement, seule la Russie serait en cause. C’est ridicule.
Un deuxième pays dont l’ingérence est permanente et profonde dans la vie politique française, c’est l’État juif. Il est du reste malaisé, voire impossible, de discerner ce qui vient proprement d’Israël de l’action des multiples organisations juives, comme le CRIF, la LICRA, le B’nai Brith. Ils forment ensemble, en France et ailleurs, un système mondial d’influence juive (SMIJ) qui sert les intérêts d’un pays étranger, qui entretient la religion de la Choah, et qui livre la France à l’immigration congoïde au nom de l’antiracisme.
La russophobie officielle est donc non seulement dangereuse, je l’ai dit, mais aussi ridicule. Jean-Noël Barrot, ministre « de l’Europe et des affaires étrangères », dont le titre même signifie que la nation française est déjà dissoute dans une « Europe » qui ne nous est plus étrangère, en a fait une démonstration pathétique dans un article du Monde du 20 août 2026 intitulé « Fac aux ingérences, il faut riposter et dissuader ». Il y dénonce avec emphase la subversion dont nous serions l’objet de la part de la Russie. C’est une blague. Il y a bien subversion, en effet, mais s’agissant de la subversion extérieure, les États-Unis, d’une part, Israël, d’autre part, ont une action dix ou cent fois plus puissante que celle que parvient à exercer la Russie. D’autant que la dénonciation du sieur Attal me paraît relever du contraire de la subversion… Mais le pire, c’est la subversion intérieure, que nous fait subir l’oligarchie cosmopolite, section française de la superclasse mondiale.
Jean-Noël Barrot parvient surtout, dans ce factum, à démontrer qu’il est parfaitement étranger aux affaires. Il se réclame sentencieusement de la liberté et de la démocratie. Or, en France, il n’y a plus de liberté d’opinion depuis la loi Pleven du 1er juillet 1972 et la loi Gayssot du 13 juillet 1990, qui punissent de prison le racisme et le révisionnisme. La seconde a fait de la religion de la Choah la religion officielle, qui est protégée contre l’hérésie et le blasphème. Quant à la démocratie, je vous invite à lire le livre du Club de l’Horloge, La démocratie confisquée. Nous ne sommes plus en république ni en démocratie depuis ces lois liberticides, depuis que le prétendu « État de droit » a supplanté l’État légal, depuis que c’est l’Union européenne qui fait la loi en France, mais dans un régime oligarchique qui est un État cosmopolite.
Parmi toutes les perles de l’article de Barrot, on en relèvera deux. Il a créé un compte « French Response », qui n’est donc pas « Réponse de la France », et qui « répond » en anglais aux critiques ou allégations qui ne plaisent point à notre gouvernement ; au diable la défense de la langue française et du plurilinguisme, soumettons-nous à la langue de l’impérialisme et du cosmopolitisme ! Le pire, cependant, est la façon dont le sieur Barrot conçoit le « récit historique » de la France : « De l’appel du 18 juin à la prise de la Bastille, du souvenir du Vel’ d’Hiv à celui du 13 novembre, notre histoire est faite de gloires et de blessures, d’audaces et de résistances. » Il est cocasse qu’il place le 18 juin 1940 avant le 14 juillet 1789, mais on est surtout effaré de la conception de l’histoire de France qu’il laisse ici transparaître. Il aurait pu citer Jeanne d’Arc, Bouvines, Castillon, Marignan, Rocroi, la Sainte-Chapelle ou le château de Versailles, mais il semble que pour lui la France commence en 1789. De plus, il faut savoir que l’appel du 18 juin est un faux (de Gaulle n’a jamais prononcé le texte qui lui est attribué), que la prise de la Bastille a été un affreux massacre qui n’a pas servi la cause de la liberté, que le drame de la rafle du Vel’ d’Hiv a été monté en épingle par la coterie juive (CRIF, LICRA) pour salir la France et, enfin, que l’affreux attentat du Bataclan le 13 novembre 2015, aussi triste soit-il, est peu de chose par rapport au sacrifice de nos héros lors de la bataille de la Marne.
Nous sommes gouvernés par des incapables qui préfèrent agiter le fantasme de l’ingérence russe plutôt que de lutter sérieusement contre les véritables ingérences et de se donner le moyen de le faire.
À cet égard, s’il est bon de recenser les agents de l’étranger, cela ne suffit pas. Il faut poser en principe que le droit d’entrer en France et d’y séjourner doit redevenir, comme c’était le cas sous la IIIe république, une prérogative du gouvernement, que les décisions prises en la matière sont des « actes de gouvernement » dont les juridictions administratives ou judiciaires n’ont pas à connaître. Barrot se vante d’avoir fait expulser la journaliste russe Xenia Fedorova. Elle faisait certes de la propagande pour la Russie, mais elle était dans l’ensemble bien tiède et candaulesque. Ce n’est pas une grande perte pour la droite française. On peut seulement stigmatiser la partialité de cette décision, quand il y a tant de propagandistes étrangers ou binationaux qui fréquentent les plateaux de télévision.
Il faut aussi que le gouvernement puisse couper les ressources des organisations qui travaillent pour des intérêts étrangers, même quand elles ne sont pas affiliées à un État étranger en particulier. C’est le cas des innombrables ONG (organisations non gouvernementales), qui sont en général « hors sol », heimatlos, sans patrie, et qui sont intrinsèquement étrangères aux intérêts nationaux. Pensez, exemple parmi tant d’autres, à Amnesty International.
On devrait aussi tenir pour des agents de l’étranger les membres de ces fameuses organisations qui sont au sommet de la superclasse mondiale telles la Trilatérale ou le Bilderlberg.
N’est-on pas déjà mentalement un agent de l’étranger quand on se produit devant un drapeau de l’Union européenne ? Emmanuel Macron, qui veut que l’Union européenne soit « souveraine », donc que la nation française cesse de l’être, puisque la souveraineté ne se partage pas, n’est-il pas un agent de l’étranger ?
La protection de la souveraineté nationale contre les ingérences étrangères est un sujet trop grave pour être laissé à des agents de l’étranger.
2. Le scandale de la double nationalité
« On ne peut pas servir deux maîtres », nous enseigne l’Évangile. Que doit faire un binational si la guerre éclate entre les deux nations auxquelles il est censé appartenir simultanément ? Il lui faut bien trahir l’une ou l’autre. Sous la IIIe république, il allait de soi que l’on devait être exclusivement français. On ne pouvait pas être à la fois français et allemand en 1914 ou en 1939. Mais ce beau principe d’exclusivité, auquel il faudra revenir, a volé en éclats sous l’influence des idées cosmopolites. Or, la double nationalité, qui implique une double allégeance, est un scandale au regard des principes républicains. Que dire, par exemple, de ces Juifs français qui ont opté pour le sionisme, dont l’essence même consiste à rejeter l’appartenance au peuple que constitue la société d’accueil du groupe juif, pour se dire membre du seul peuple juif ? Il est évident que ce sont des Français de papier. Les milliers de Juifs français qui ont fait leur aliyah, c’est-à-dire qu’ils ont émigré en Israël, n’ont plus rien de français.
Les Français d’acquisition, c’est-à-dire les individus qui n’avaient pas la nationalité française à la naissance et qui l’ont acquise ultérieurement, devraient être déchus de la nationalité française s’ils ne renoncent pas à toute autre nationalité, et cette renonciation devrait être désormais une condition sine qua non pour l’acquisition de la nationalité française. Dans le cas où l’autre pays n’admet pas cette perte de nationalité, l’intéressé devrait s’engager par serment à n’avoir d’allégeance qu’envers la France.
La déchéance de la nationalité pour les binationaux pourrait concerner des centaines de milliers de Français de papier et alimenter les contingents des immigrés destinés à la réémigration.
Cependant, dans l’immédiat, sans attendre la déchéance de nationalité, qui ne peut d’ailleurs avoir lieu pour les Français de sang, sinon pour tous les Français d’attribution, il faudra suspendre le droit de vote des binationaux et cela, à toutes les élections.
Une question corollaire est celle de la représentation des Français de l’étranger, dont beaucoup sont des binationaux. Mais même ceux qui ne le sont pas et qui résident à l’étranger sont susceptibles d’avoir perdu les attaches qu’ils avaient, eux ou leurs ancêtres, à la patrie française. Il est donc malsain, contraire à l’esprit de la république, qu’ils aient une représentation propre. Il y avait déjà des sénateurs représentant les Français de l’étranger, élus au suffrage indirect, la révision constitutionnelle de 2008 a ajouté les députés des Français de l’étranger. Ceux-ci sont bien souvent en vérité des agents de l’étranger, le meilleur exemple étant Caroline Yadan, qui est juive et dont la circonscription contient l’État juif. Elle a déposé le 19 novembre 2024 une proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». La principale disposition, qui figure à l’article 2, punit de cinq ans de prison le fait de faire l’apologie de la destruction ou de la négation d’un État. La formulation a beau être générale, elle ne vise que l’État d’Israël et tous ceux qui, embrassant la cause palestinienne, voudraient la disparition de ce qu’ils appellent « l’entité sioniste ». Pour notre part, nous considérons que, soixante-dix-huit ans après la formation de l’État d’Israël en 1948, il faut accepter le fait accompli dans l’intérêt de la paix et donc ne pas réclamer sa disparition. Pour autant, il ne faut pas oublier cette vérité incontestable : la Palestine était la patrie des Palestiniens et les Juifs ont dépossédé les Palestiniens de leur patrie grâce à une effroyable nettoyage ethnique. On peut donc comprendre le point de vue des Palestiniens et de leurs amis. Il serait scandaleux de les empêcher de s’exprimer. En l’occurrence, donc, Caroline Yadan a montré qu’elle était un agent de l’étranger, un agent de l’État d’Israël.
Il faut donc supprimer les mandats des députés et sénateurs représentant les Français de l’étranger. Il ne doit pas non plus y avoir de bureau de vote à l’étranger. Les Français de l’étranger devront venir en France pour voter ou donner procuration à un autre électeur. Ils pourront rester inscrits dans le bureau de vote de leur dernière résidence en France ou, à défaut, dans celui de la personne à qui ils donneront procuration.
La première des ingérences étrangères est celle portée par les binationaux qui sont des Français de papier et par certains de leurs représentants pour les Français résidant à l’étranger.
Notre souveraineté nationale est ainsi progressivement étouffée par des attaques qui sont autrement sérieuses que le fantasme de l’ingérence russe. J’ai rapidement évoqué les mesures qui seront nécessaires pour libérer la nation des chaînes que les cosmopolites lui ont attachées.
Henry de Lesquen





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